#1 - Comment j'ai découvert que j'étais dissociée (et pourquoi ça concerne toutes les femmes)
Retour sur la première veillée d'Olympe se bouge : Estimer sa parole
Bienvenue à toutes et tous,
Je suis très heureuse de vous retrouver au sein de ma nouvelle aventure graphique !
Fragments d’impact est un espace dans lequel je souhaite vous partager mes apprentissages, expériences et prises de consciences avec le moyen de communication qui me correspond le mieux : le visuel mélant textes et dessins.
Avant de commencer, un petit mode d’emploi pour vous expliquer la structure que vous retrouverez dans mes newsletters :
♦️Le Fragment, une bande dessinée pour poser la problématique à explorer, même absorbable en 30 secondes pour les plus pressé.es d’entre vous !
🔎 L’exploration, pour aller plus loin dans la compréhension de la problématique, en mêlant texte et illustrations dessinées
🎒 A emporter, des ressources et outils à consommer sans modération
🗨️ La bulle de fin, car toute bonne chose a une fin !
Merci encore de m’avoir accordé votre confiance, et c’est parti pour cette première édition sur le thème “Estimer sa parole” !
Diana-Luz
♦️Le Fragment
🔎 L’exploration :
L’association Olympe se bouge
Comment à l’adolescence s’opère une dissociation entre voix intérieure et voix extérieure chez les filles
L’impact de la culture du patriarcat
Quid des garçons ?
L’association Olympe se bouge
Olympe se Bouge est une association créée par deux amies, Alexandra Fougère et Héloïse Lauret, rencontrées dans la CEC Parcours Nouveaux Imaginaires. Elles ont créé cette association à impact social pour questionner le rapport à la parole des femmes en partant de l’expérience concrète des femmes.
Elles y proposent des parcours expérienciels adressés aux femmes mêlant interventions inspirantes et temps d’ateliers individuels et collectifs, pendant lesquels les participantes partagent leur expérience en rapport avec la parole.
Je suis une des “Olympes” bénévoles de l’association en oeuvrant à notamment à retranscrire graphiquement mes prises de conscience et vous les partager ici.
Au programme donc aujourd’hui, la première soirée de leur nouveau parcours de 3 soirées “Les veillées d’Olympe” sur le thème “Estimer sa parole” pour laquelle nous avons notamment eu la chance d’avoir les interventions de :
Rebecca Amsellem, fondatrice de Les Glorieuses une newsletter féministe et culturelle créée en 2015 qui réinvente l’information sur les femmes.
Rime Louhaichi, experte en pratiques narratives (si vous ne savez pas ce que c’est, j’en parle plus bas…)
Allez partons en exploration…
Le constat : Voix intérieure et dissociation
Rebecca nous a partagé le travail de Carol Gilligan, une psychologue et philosophe américaine, fondatrice de l’éthique du care, qui a publié en 1982 le livre “Une voix différente. La morale a-t-elle un sexe ?”.
Dans cet ouvrage, elle s’est appuyée sur une étude qu’elle a réalisée auprès d’adolescentes mettant en évidence qu’une réelle dissociation s’effectuait à cet âge là pour les filles entre :
leur voix intérieure : ce qu’elles pensent et ressentent ;
et leur voix extérieure : ce qu’il faut qu’elle disent pour rentrer / rester en relation avec les autres,
même si le coût en est la perte de la relation avec soi et de relations authentiques aux autres.
L’impact de la culture du patriarcat
Le patriarcat que Carol Gilligan définit comme :
“Ensemble de règles de vie fondé sur la binarité et la hiérarchie de genre”
est ce qui force les filles à se dissocier.
Les vaines tentatives de s’exprimer de manière authentique jugées ‘’trop fortes” ou “pas assez comme il faut” leur démontrent que la meilleure stratégie pour s’intégrer est de se dissocier pour ne pas s’exposer au fait de se retrouver seule.
De quoi requestionner l’injonction “il suffit d’oser !” pour que les femmes puissent prendre plus la parole.
Et quid des garçons ?
Je me suis interrogée à la suite de la soirée sur ce qu’il en était des garçons, et la lecture du livre “Une voix humaine” que Carol Gilligan a écrit en 2024 m’a éclairée à ce sujet.
Dans ce livre, elle a revisité son texte fondateur, à la lumière de nouvelles recherches et des événements survenus depuis cette époque. Elle y parle de la dissociation que subissent également les garçons en s’appuyant notamment sur les travaux de Judy Y. Chu “Quand les garçons rejoignent le club des garçons” qui identifie les principaux moments pendant lesquels cette dissociation s’effectue.
Dans son livre, elle y développe les principes d’une éthique de résistance et de libération vis à vis de cette dissociation qui constitue encore un passage obligé “initiatique” compromettant les capacités relationnelles des enfants.
Elle qualifie alors la voix de l’éthique du care non pas de “différente” comme elle l’avait fait à l’époque (en l’ayant qualifiée de ”féminine”) mais d’une voix “humaine” s’affranchissant de la logique de binarité :
« La voix humaine est une voix de résistance au patriarcat ».
🎒 A emporter : ressources et outils
Les stratégies pour résister à la dissociation de la voix des femmes
Les pratiques narratives pour redevenir autrice de son récit
Et un petit bonus pour aller plus loin
Stratégies individuelles et collectives
Rebecca Amsellem, nous a partagé 4 stratégies à mettre en place à l’échelle individuelle et collective pour résister à cette dissociation systémique de la voix des femmes :
Quelques compléments à deux de ces stratégies :
Concernant l’écoute de nos adolescentes, Carol Gilligan parle dans son livre “d’écoute radicale” c’est à dire à la racine pour arriver à entendre “cette voix sourde, ce qui demeure inexprimé”, et nous partage un outil. Il s’agit de questionner en utilisant le mot clé “vraiment” : tu crois “vraiment” ce que tu dis ? est-ce que c’est ce que tu penses “vraiment” ?
Concernant l’amplification : cette stratégie est issue d’une pratique que les femmes dans le cabinet d’Obama ont mise en place pour valoriser leurs contributions dans les échanges, et même les hommes s’y sont mis!
Les pratiques narratives pour redevenir autrice de son récit
Rime Louhaichi, experte en pratiques narratives, nous a fait un partage précieux sur cette approche d’accompagnement qui vise à aider les personnes à résoudre leurs problèmes au travers de la déconstruction des récits qu’elles se font sur elles-mêmes.
Le point de départ de cette pratique est de laisser la place au doute :
Rime Louhaichi parle d’un réel processus de dépouillement personnel et de renaissance, qui permet de se décoller les étiquettes que la société nous a aidé à nous coller, et de choisir son identité préférée en soi, pour mieux s’estimer.
Ça vous semble abstrait ?
Alors je vous partage l’atelier que nous avons fait pour explorer rapidement nos récits, que vous pouvez réaliser chez vous ou dans votre cercle 100% soi-même ☺️.
Il s’agit de répondre en deux temps à ces questions :
Quelles expériences de vie ont participé à écrire un récit qui prend de la place et qui ne me convient pas ?
En choisissant une de ces expériences identifiées ci-dessus, quelles expériences vécues viennent raconter une autre histoire, comme une contre-vérité ? Quels sont les effets de cette expérience sur votre récit qui prend de la place ?
Dans mon cas, cette newsletter est une expérience qui me permet de raconter un autre histoire que les récits de mon enfance autour de ma prise de parole, merci d’y prendre part !
Pour aller plus loin
Avant de se dire aurevoir je voudrais vous partager deux ressources complémentaires :
Si vous êtes une lectrice, et que vous souhaitez en savoir plus sur Olympe se bouge, voire expérimenter un espace pour mieux se dire et mieux s’écouter, la billetterie est ouverte pour la prochaine soirée le 12 novembre avec pour thème “Fortifier sa parole” 👉 OLYMPE SE BOUGE
Si vous voulez allez plus loin sur le sujet des garçons et du patriarcat, je vous partage le reportage “ Eduquons nos fils”. Mathieu Thomé, membre de mon collectif CEC Nouveaux Imaginaires, y témoigne parmi d’autres hommes pour raconter l’évolution de son rapport à la virilité et à ses injonctions.
🗨️ La bulle de fin
Merci d’être arrivé.e jusqu’ici pour cette première édition. Si vous l’avez aimée, n’hésitez pas à la partager et…
Passez une bon début de mois de novembre, et rendez-vous dans deux semaines avec au programme, la génèse de fragments d’impact, où je parlerai de Linkedinite aïgue et de slow marketing !
Les dessins de cette édition sont soumis à la licence : CC BY-NC 4.0. Partagez librement en me créditant mais pas pour un usage commercial !











Bravo Diana-Luz pour cette news #1, tant sur la forme que le fond !!
Top ! L'articulation dessin/texte est très agréable à la lecture ! J'ai déguster du début à la fin en apprenant plein de chose ! Vivement la prochaine !